Ce numéro spécial de « Rayonnement du CNRS » consacré à la région Midi-Pyrénées a été entièrement
réalisé par nos correspondants régionaux, appuyés par la délégation régionale du CNRS. Leur
introduction présentera la circonscription ainsi que les thèmes traités et les auteurs qui ont contribué
à ce numéro. Qu’ils soient remerciés et félicités pour ce travail : il dresse un panorama des
points forts de la région et permet d’apprécier l’importance de quelques-unes des avancées scientifiques
majeures de nos laboratoires.
Nous sommes heureux et honorés de mettre, en exergue de ce numéro, une interview que nous a accordée
la Présidente du CNRS, Madame Catherine Bréchignac, sur le CNRS dans le nouveau contexte de la
recherche publique française.
Le Centre national de la recherche scientifique est la plus importante institution du système français de
recherche. Il a connu de nombreuses transformations au cours de son histoire. Lors de sa création en 1939,
la Deuxième Guerre mondiale venait d’éclater. Ses premières activités furent dès lors surtout conduites au
profit de l’Etat et de la technologie militaire. Il ne commença à s’épanouir dans la recherche fondamentale
qu’après la Deuxième Guerre mondiale et surtout après l’établissement de la Cinquième République en
1958, lorsque l’Etat lui apporta un soutien global. Par la suite, la collaboration avec les universités et les
écoles à partir de 1966, l’ouverture vers la société civile dans les années 1980, le développement de la
recherche contractuelle dans les années 1990, toutes ces étapes caractérisent son développement dans la
seconde moitié du 20è siècle. Les transformations en cours se situent dans cette perspective d’une adaptation
constante à l’évolution de la société dans le contexte global de la mondialisation pour assurer toujours
la promotion d’une science d’excellence.
La Présidente du CNRS nous a donné sa vision pour l’avenir de notre maison. Elle situe le CNRS résolument
au cœur de la recherche mondiale, puisqu’il n’est de bonne science qu’internationale . Elle débute
et elle conclut l’entretien en insistant sur la notion de réseau : « Le CNRS est un organisme en réseau,
c’est extrêmement important, avec la recherche mondiale qui se fait en réseau » « Le CNRS est vraiment
un réseau et il faut arrêter de penser que c’est un centre fermé. Il a complètement changé au cours du
temps ; et c’est par les réseaux que l’on fera rayonner la recherche française »
Au cours de l’entretien elle insiste sur l’importance de l’interdisciplinarité, à la fois dans les sections
du Comité national et à travers des programmes interdisciplinaires concernant par exemple des
enjeux sociaux tels que l’eau, l’énergie, le développement durable au service de l’homme, les
banques de données. Le CNRS doit en effet réfléchir et se préparer à intervenir sur les grands enjeux
de la société – l’environnement, la sortie de crise par la création d’entreprises et l’innovation, la
construction d’un nouveau paysage économique, social, financier...
Elle souligne l’attention qui doit être portée à la gestion des moyens humains qui doit devenir une
véritable direction des ressources humaines : « la connaissance des compétences (existe) au niveau
des laboratoires ; la connaissance des gens (existe) au Comité national ; et la gestion, qui est faite
ici, mais on n’a pas la connexion entre les trois : c’est justement ce que l’on veut mettre en place…..
De plus il ne faut pas le faire uniquement sur le territoire français. Car nous avons 25% d’étrangers
qui rentrent chaque année au CNRS et nos publications se font à 60% avec des étrangers ».
Cette gestion plus cohérente des ressources humaines passe par le développement de contrats de durée
indéterminée (CDI), tant en direction des universités que des entreprises, et bien entendu pour les chercheurs
étrangers. Elle insiste encore et toujours sur la coopération internationale qui passe par la recherche
en commun au moyen des quatre « outils » que sont les programmes internationaux de recherche scientifique
(PICS), les groupements de recherche internationaux (GRI), les laboratoires internationaux associés
(LIA), en fait des réseaux de laboratoires, et l’unité mixte internationale (UMI) qui est une unité CNRS avec
une université étrangère.
Une vision, du souffle, une détermination à faire progresser notre maison en France et dans le monde
caractérisent tout l’entretien avec, au final, un appel à notre Association des Amis et Anciens du CNRS pour
porter ce rayonnement dans le temps et la durée. Merci, Catherine BRÉCHIGNAC.
Edmond Arthur Lisle
Président A3 CNRS