du 9 au 14 mai 2004
Le dimanche 9 mai, à la tombée de la nuit, 29
adhérents ou amis de notre Association, se réunissaient
avec enthousiasme pour un voyage à
Florence et ses environs, depuis longtemps programmé
et impatiemment attendu.
Après une nuit en car couchette, relativement confortable,
nous débarquions, en assez bonne forme, vers 9
heures du matin dans un hôtel assez modeste mais
accueillant et présentant l’avantage d’être à deux pas
du centre historique. Compte tenu de la fatigue de la
nuit, une matinée libre s’imposait ; à 14 heures seulement,
rassemblement à l’hôtel pour une longue visite
guidée de la ville afin de prendre d’abord des
repères dans le foisonnement des merveilles artistiques
qui s’offraient à nous. Il fut sans doute un peu
frustrant de devoir écouter les savantes explications
d’une vieille guide francophone particulièrement passionnée,
sur le parvis des églises ou des palais dans lesquels
nous avions hâte d’entrer, et certains piaffaient
d’impatience… Mais cette première approche n’était
peut-être pas superflue pour nous permettre de faire
ensuite des choix éclairés au gré des préférences de
chacun. Seule nous fut accordée, par notre impétueuse
guide, une longue halte dans la cathédrale ou
«duomo» dont la façade de marbre polychrome vert,
blanc et rose est assez déroutante. Sans décrire l’intérieur
de ce chef-d’œuvre mondialement connu, il est
amusant d’évoquer toutes les têtes de notre groupe,
pétrifiées à la renverse sous la hauteur vertigineuse de
l’impressionnante coupole (106 m) ornée de la
célèbre fresque du jugement dernier de Vasari ! Un
peu oppressés par l’ampleur de la nef et des immenses
voûtes gothiques, il fut reposant de s’attarder sous un
dernier rayon de soleil, devant le superbe baptistère
roman face à la cathédrale, en se perdant dans la
contemplation de ses remarquables portes évoquant
des scènes bibliques, en particulier de celle que
Michel-Ange avait surnommée «la porte du Paradis».
En fin de soirée, nous avions accumulé suffisamment
d’informations pour pouvoir tirer pleinement profit
de la seule journée de liberté totale que nous nous
étions octroyée le lendemain car, sachant que parmi
les innombrables trésors qui nous fascinaient, il fallait
hélas, faire des coupes sombres puisque le temps nous
était compté, il était préférable de laisser à chacun le
soin d’opérer sa propre sélection.
Les uns ont donc opté pour les riches musées incontournables,
il est vrai, à Florence (Bargelli, Saint-
Marc, Academia, Galeries du Palais Pitti…) sans se
décourager devant l’immense queue qu’il fallait
affronter pour pénétrer dans la fameuse Galerie des
Offices ; d’autres ont renoncé, la mort dans l’âme, à
ces difficiles visites et ont préféré consacrer leur temps
aux monuments et aux églises dans lesquelles nous
n’avions pas pu entrer la veille. Parmi celles qui semblent
avoir le plus marqué les esprits, on peut au
moins mentionner la basilique de la «Santa Croce» du
XIVe siècle, située sur l’une des plus anciennes places
de la ville, sorte de panthéon où s’alignent de somptueux
tombeaux, entre autres ceux de Michel-Ange,
Galilée, Machiavel etc…, avec les émouvantes
fresques de Giotto partiellement sauvées des ravages
du temps, et tant de beautés artistiques qui valurent à
Stendhal son célèbre évanouissement appelé par la
suite le «syndrome florentin» ! Certains ont voulu
aussi se réserver un peu de temps pour flâner sur la
superbe «piazza della signoria» où la célèbre «loggia»
est un véritable musée de statues en plein air, s’accordant
au passage un clin d’œil au «Palazzo vecchio» ou
poursuivant jusqu’au pittoresque «Ponte vecchio» se
profilant sur les eaux grises et calmes de l’Arno.
Beaucoup d’entre nous ont sans doute oublié de
déjeuner car les heures filaient à une vitesse inquiétante
et il y avait encore tant de choses à voir...
Bref, la journée fut pour tous d’une telle intensité de
découvertes et d’émotions que nous étions «le soir»
trop épuisés pour faire encore la fête malgré la tentation
des sympathiques «trattorie» qui jalonnent les
ruelles des vieux quartiers de la ville. Dès le lendemain
matin de bonne heure, la vie «héroïque» de
touriste recommençait ; notre car nous attendait
pour la visite de la belle cité de Sienne, malheureusement
avec un temps peu clément qui gâchait un peu
l’harmonieux paysage de la campagne toscane que
nous traversions. Il pleuvait à verse sur la magnifique
«piazza del campo» où nous n’avons pu qu’imaginer
les jeux de lumière que devait produire le soleil sur les
vieilles pierres de cette immense et curieuse
«coquille» sur laquelle débouchent les principales
rues de la ville. Après avoir repris quelques calories
dans une petite auberge très couleur locale, nous
poursuivions notre périple dans une atmosphère
joyeuse (et un peu moins humide !) jusqu’à San
Giminiano petit village pittoresque du XIVe siècle
qui conserve son architecture médiévale enserrée de
remparts et de 14 hautes tours seigneuriales qui lui
donnent sa physionomie très particulière. Retour
animé mais un peu nostalgique tout de même pour
notre dernière nuit à Florence. Le départ du lendemain
était empreint de regrets, nous laissions trop de
choses derrière nous… Cependant quelques sites
enchanteurs nous attendaient encore sur le chemin
du retour : Fiesole d’abord, petit village perché sur la
colline offrant une admirable vue sur Florence et sur
la luxuriante campagne environnante parsemée de
files de cyprès et de terrasses d’oliviers ; les plus courageux
n’hésitèrent pas à grimper au monastère de
San Francesco, havre de paix où la sérénité du
modeste petit cloître nous reposait du faste des
grandes basiliques. Lucca fut notre dernière étape,
petite ville fortifiée, chargée d’histoire et de curiosités
mais où beaucoup d’entre nous un peu lassés des
visites d’églises, pourtant ici encore fort nombreuses
et intéressantes, ont préféré se prélasser, sous le soleil
enfin retrouvé, aux terrasses des cafés ou sur
l’agréable promenade des remparts.
Pour ajouter une touche plus festive à la fin de ce
voyage, nous avions réussi en cours de trajet, à
convaincre notre aimable chauffeur de faire un
crochet sur la Riviera italienne pour nous permettre
de dîner en bordure de mer, dans la douceur
du soir, sur la merveilleuse presqu’île de
Portofino. Ceci nous mit dans les meilleures dispositions
pour affronter une longue nuit de voyage
qui ne fut pas exempte de quelques difficultés
en raison d’une interminable recherche, au milieu
de la nuit, d’un deuxième chauffeur qu’il fallait
reprendre à Turin et d’une longue attente ensuite
au tunnel du Fréjus. Mais personne n’osait se
plaindre ; c’était la légère rançon de ces quelques
jours inoubliables où nous avions si bien conjugué
tourisme, culture, émerveillement artistique et
amitié croissante.
Marie-Angèle Pérot-Morel
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