14 avril 2005 - Conférence-débat : Découverte du Spitzberg.

Le 14 avril, dans les locaux de la Délégation Nord- Est, notre collègue Jean-Pierre Haeusler nous a fait partager les souvenirs de son escapade au Spitzberg effectuée lors d’un séjour proposé par le CAES CNRS, du 18 juillet au 3 août 1997.

Ce groupe d’îles norvégiennes de l’océan glacial arctique est situé à environ 650 km de la côte septentrionale de la Norvège. Sur une superficie voisine de 65000 km2, habitent près de 3000 personnes qui vivent essentiellement de la pêche et de l’exploitation du charbon, encore active en 1997. Il est à noter que, pendant la deuxième guerre mondiale, la population a dû quitter la région pour l’Angleterre afin d’échapper à l’extrême violence des bombardements allemands.

Après les vols successifs entre Paris, Oslo, Tromsö et Longyearbeen, le groupe de 11 personnes s’installe à Ny Alesund, camp de base des tentes et lieu habité le plus au nord du monde. La découverte de l’Arctique se déroule sur trois camps itinérants successifs, sous la formes d’étapes d’environ 10 kms chacune, tour à tour en kayak biplace et en randonnée pédestre. Plus de 300 photographies pittoresques, accompagnées de la cartographie correspondante, nous ont permis de suivre l’itinéraire et ont témoigné de l’émerveillement face à de telles splendeurs naturelles telles les fleurs aux couleurs vives (silène acaule, pavot arctique, cassiopée, saxifrages…), les arbustes arctiques (saules, bouleaux…), les millions d’oiseaux (oies bernaches, guillemots, pétrels fulmars, macareux, eiders, goélands, mouettes ivoire, sternes et labbes agressifs et migrateurs infatigables...) et les rares animaux visibles comme les phoques et les rennes.

La variété et les dimensions des montagnes arides et caillouteuses, l’importance des glaciers et des fronts glaciaires semblent réduire la taille de l’homme et l’exclure de ce milieu naturel vierge et hostile. Le site grandiose de la Baie du roi reste un lieu d’études pour le recul contemporain des glaciers, dû au réchauffement climatique de la planète. Ainsi, sur le retour vers Ny Alesund, le groupe a rencontré une équipe CNRS à la station Jean Corbel avec laquelle des échanges fructueux ont pu avoir lieu.

A juste titre, la Norvège veille particulièrement à la préservation de cette réserve naturelle remarquable et impose notamment la seule utilisation de bois (flottant depuis la Sibérie poussé par les vents) pour la cuisson des aliments lyophilisés perçus au camp de base. En dehors d’une tempête de grésil, très bruyant sous la tente pendant une nuit, les conditions climatiques furent très acceptables.

Jean-Pierre a su nous transmettre sa passion et son envie de mieux connaître l’exceptionnelle richesse du milieu arctique.

B. Maudinas et G. Picquard

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