Il est 8 heures du matin lorsque nous quittons Saint-Jean, lieu du rendez-vous, pour un petit périple de deux jours dans la région de Millau, dans le département de l'Aveyron, aux confins du Causse Rouge, du Causse Noir et du Causse du Larzac. Objectif prévu de ce voyage : visite guidée de la maison natale et du Musée J.H. Fabre en fin de matinée, puis de Micropolis, la cité des insectes durant l'après-midi de cette première journée. La matinée du lendemain étant consacrée à la visite du musée archéologique de Millau et du site gallo-romain de Graufesenque et l'après-midi à celle du viaduc de Millau, avant le retour sur Saint-Jean en fin de journée.
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Durant ce début de voyage le car est très calme, les vingt-deux participants (un vingt-troisième nous rejoindra sur place), soit récupèrent un manque de sommeil, dû à un réveil un peu trop matinal pour eux, soit regardent défiler la campagne endormie où des bancs de brume parsèment par place, les bas-fonds. Seul James notre chauffeur parle beaucoup, sa verve et sa gentillesse vont égailler nos deux jours de voyage et contribuer pour une part à la réussite de celui-ci. Au passage à Carmaux nous pouvons admirer la gare S.N.C.F. très originale puis après courte halte à Baraqueville, notre voyage se poursuit jusqu'à Saint-Léons, village natal de J.H. Fabre sur le territoire duquel se trouvent et le Musée J.H. Fabre et Micropolis. |
![]() Le groupe sous la menace, au fond, d'une mante religieuse affamée |
![]() Le village de Saint-Léons |
Situé à flanc de coteau, le village de St-Léons qui date du Ve siècle, mais aurait très vraisemblablement été occupé dès la préhistoire, s'étage en cascades autour de son château qui daterait du XVe siècle et qui brûlé en 1580, fut ensuite plusieurs fois restauré et est actuellement occupé. Au pied de ce château se situe la maison natale de J.H. Fabre, célèbre entomologiste de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (1823-1915) où nous sommes accueillis par la présidente de l'Association des Amis de J.H. Fabre créée en 1972 et qui s'est donnée pour mission de faire connaître la vie et l'œuvre de cet homme que l'on peut considérer comme l'un des fondateurs de l'écologie telle que nous la concevons aujourd'hui. Visiblement passionnée par son sujet cette personne nous retrace la vie et l'œuvre de J.H. Fabre, le tout émaillé d'anecdotes qui nous rendent cet entomologiste très vivant et très proche. |
Nous passons ensuite à la visite de la maison natale qui héberge la reconstitution d'un intérieur rouergat du début du XIXe siècle qui nous donne à imaginer les conditions de vie difficiles qu'a pu connaître J.H. Fabre durant son enfance.
Le musée quant à lui, présente quelques insectes particulièrement étudiés par J.H. Fabre et surtout un échantillonnage des très nombreux ouvrages, plus de quatre-vingts, rédigés par ce dernier. Ouvrages non seulement entomologiques, mais aussi scolaires ou de vulgarisation et portant notamment sur la chimie agricole.
La visite terminée il est près de 13 heures et nous nous dirigeons à pied vers Micropolis où nous attend au restaurant du site, un menu régional copieux avec, cela va de soi, le fameux "aligot".
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Puis nous entreprenons la visite de la cité des insectes, à la fois complément et illustration de notre visite du matin. Conçu suivant une architecture à trame orthogonale et donc géométrique, censée s'opposer à la structure foisonnante et irrégulière de la matière organique, le bâtiment semble émerger de la colline sous forme d'une carapace formée de la juxtaposition d'éléments simples identifiables à des fleurs et qui s'ouvre à la lumière sur une façade formée d'écailles de verre colorées. |
![]() Un insecte, c'est une tête, un thorax, un abdomen, 3 paires de pattes... |
![]() ...des antennes, des yeux à facettes, des élytres et des ailes. |
L'ensemble souhaitant évoquer le passage de l'ombre vers la lumière, des espaces fermés vers des espaces ouverts, calquer dans une certaine mesure la vie de l'insecte qui passe de la larve à la nymphe puis à l'insecte ailé. Au sortir du restaurant nous nous enfonçons donc dans cet ensemble composé essentiellement de 11 salles thématiques, par une " faille " formée de parois de béton qui s'élèvent au fur et à mesure que le visiteur avance et qui nous amène à la "Plongée dans l'herbe" suivie de "Être insecte" qui définit les caractères individualisant l'insecte par rapport à d'autres arthropodes qui, pour le non initié, lui ressemblent parfois étrangement. |

![]() Biberon en terre cuite : le lait placé dans l'amphore était tété par les naseaux |
Les fouilles effectuées sur le site qui s'étend dans la plaine alluviale de la Graufesenque, sur une superficie de 15 hectares, ont mis au jour les restes d'une agglomération gallo-romaine appelée Condatomagus (le marché du confluent). Au premier siècle de notre ère, plus de 600 ateliers de potiers, (esclaves gaulois travaillant sous les directives et pour le compte des romains précise A. Vernhet), fabriquaient là une vaisselle en terre cuite rouge, dite sigillée qui était exportée dans tout l'empire romain. Millau était alors la capitale de la céramique antique.
Dans le secteur aménagé pour la visite nous avons pu voir : des ateliers de potiers avec les entrepôts d'argile, des bassins de décantation, des séchoirs à poteries, des dépotoirs de vaisselle cassée ou mal cuite, des sanctuaires, des maisons d'habitations et les grands fours à bois, pouvant contenir jusqu'à 40 000 vases ou la production était cuite à 1000° C. |

![]() Le groupe devant le dispositif de levage du tablier |
Situé à environ 10 km à l'ouest de Millau ce viaduc, qui doit relier le Causse noir et le Causse rouge, constitue le dernier maillon de l'autoroute A75 Clermont-Ferrand-Béziers. Dessiné par l'architecte anglais Lord Norman Foster et entièrement financé et réalisé par le groupe Eiffage, cet ouvrage est exceptionnel tant par son coût, 310 millions d'euros, que par ses particularités techniques et esthétiques : longueur 2460 m, hauteur 343 m au sommet des pylônes, (record mondial de hauteur), surface à la base des piles 200 m2 pour une surface porteuse au sommet d'à peine 30 m2, tablier métallique, associant finesse et légèreté, en forme d'aile d'avion renversée... |
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Après la projection vidéo qui nous permit de prendre connaissance des données techniques de l'ouvrage et de certains aspects spécifiques totalement originaux de la construction, la visite guidée effectuée en autocar jusqu'aux plates-formes de lancement du tablier, en bordure du Causse, fut l'occasion de découvrir l'ampleur "pharaonique" du chantier et les moyens exceptionnels mis en œuvre pour la réalisation de cet ouvrage. Le viaduc devrait être ouvert aux usagers en 2005.
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![]() Les piles P2 à P7, en légère courbe pour résister au vent |
Textes de Henri DALENS et Serge BORIES, photos Gérard ABRAVANEL