Découvrir, visiter, rêver : croisière de Venise à Athènes

28 septembre - 5 octobre 2006

Arrivée à Venise, petite escapade individuelle avant d’embarquer sur l’Adriana. On quitte le port par le canal de la Giudecca, laissant Douane et Saint Marc à babord, Lido à tribord.

Après un repas de bienvenue avec 8 plats plus délicats les uns que les autres et des vins très appréciés, dont un excellent bourgogne «haut côte de nuits», première nuit à bord.

Après accostage à Zadar, 2 h de bus sur l’autoroute «La magistrale», un tunnel de 5km et nous atteignons le parc national de Plitvice, sous protection de l’Unesco, écosystème fragile, évolutif, à l’origine d’un somptueux paysage karstique de cascades et de lacs étagés, séparés par des barrières de travertin. Un tour de bateau pour traverser le plus grand lac (2 km), puis retour au point de départ par un tracteur déguisé en petit train !

Petit cours d’histoire croate : la Dalmatie a été vendue par son roi pour 100 000 ducats à Venise, vers les années 1400. L’origine des croates n’est pas tranchée, Ukraine ? Perse ? Au 9e siècle, la christianisation sera latine et non pas byzantine, d’où les choix spécifiques en matière d’alphabet, de religion, etc. La veuve du roi Zvonomir fera appel à l’aide de son beau frère roi de Hongrie : pendant 1 000 ans, la Croatie jouera la carte des Habsbourg.


Cascades au lac de Plivice (photo voyages A3)

L’influence vénitienne que nous rencontrerons tout au long de notre croisière, soit que les villes aient passé des accords, soit qu’elles se soient battues avec leur puissant voisin, est manifeste dans l’architecture et la décoration, parfois dans la religion. La Croatie est profondément catholique romaine, et son histoire inclut une incursion napoléonienne et une relation ambigüe à la France. La seconde guerre mondiale et le titisme ne sont pas évoqués.

Navigation de nuit, et découverte de Split : créé en 305 par Dioclétien, dernier empereur ayant martyrisé des chrétiens, mais seul dirigeant ayant décidé spontanément de prendre sa retraite. Le soubassement du palais, dit caves de Dioclétien, a été préservé car il a servi de dépotoir pendant des siècles. Sur le péristyle monumental, ex cour d’honneur du palais, à droite l’ancien mausolée de Dioclétien transformé en cathédrale avec une décoration baroque, et à gauche le temple de Jupiter transformé en baptistère. En décoration naturelle, des cascades de câpriers en fleurs enracinés entre les pierres des murs d’enceinte.


Split (photo voyages A3)

Départ pour et visite de Trogir, ville médiévale, bien conservée, ensoleillée, située sur une île.Tragurion ayant pris le parti de Pompée contre César, contrairement à l’antique Salone, a été condamnée à végéter jusqu’au 13e siècle, où elle est devenue évêché. Une pharmacie y a été fondée dès les années 1 200. La Renaissance en a été la période faste, durant laquelle de multiples palais, édifices publics et lieux de cultes ont été construits à l‘intérieur des remparts. La cathédrale Saint Laurent est considérée comme l’édifice majeur de la Croatie.

Après-midi de navigation et arrivée à Korcula, avant-poste de Venise, comme en témoigne le lion de Saint Marc de la porte fortifiée. Nous y assistons à une représentation de la Moreska, spectacle folklorique en plein air sur une musique «médiévale » modernisée en 1936.

Navigation de nuit, et arrivée au petit matin du 30 septembre à Dubrovnik. Le ciel est noir, il pleut des cordes, il fait froid... Malgré tout, Dubrovnik est fidèle à sa légende. Coincée entre la Bosnie- Herzégovine et le Monténégro, elle affiche sa «croatititude», son histoire et ses traditions, dont son indépendance proclamée au 16e siècle, et abolie en 1808 par Napoléon.

Après une histoire mouvementée, pleine de barbares, de séismes, de fléaux divers, la république de Raguse prend son essor jusqu’à posséder une flotte qui rivalise avec celle de Venise. L’âge d’or se termine avec le séisme de 1667, qui détruisit totalement la ville, ses habitants et ses richesses.

Souvent assiégée et bombardée aux temps modernes, jamais véritablement conquise, Dubrovnik étale ses toits rouges luisants de pluie, tous neufs, depuis la route en hauteur que nous prenons en car et qui nous permet d’apercevoir remparts, port, vieille ville etc... et de nouveaux grands hôtels hors les murs. Tour guidé depuis la porte Pile sous la protection de Saint Blaise et remontée de la Placa ou Stradum. Le centre, avec son palais des recteurs, le palais Sponza, la colonne de Roland et la tour de l’horloge du 15e siècle, reste habité (3 000 habitants sur les 17 000 de Dubrovnik). Les intempéries plongeront la ville dans l’obscurité, limitant les visites, mais sans nous priver du spectacle de danses folkloriques.

Samedi 1er octobre, arrivée dans les bouches de Kotor vers 7h30 par un temps triste et frais. La ville est dominée par un rempart comme un petit morceau de la muraille de Chine égaré au Monténégro et nous offre un pittoresque musée de la marine, ainsi que la cathédrale romane de Saint Tryphon avec une splendide madone gothique de Dobricevic et les chefs d’oeuvre des maîtres orfèvres de Kotor, reliquaire en argent et «cimeterre d’or» du 15e siècle.

La navigation de jour, malgré le temps décidément pluvieux, nous permet de voir toutes les petites îles des bouches (4 golfes se succèdent sur 2 km, avec de nombreuses calanques), les anciens chantiers navals et de blanches bâtisses pleines d’histoires d’amour tragiques.

Le soir, dîner de luxe aux chandelles, en tenue rouge et noir, chacun sur son 31, sauf les quelques malheureux que le roulis indispose et indisposera toute la nuit. Ce sera notre seule épreuve face aux éléments...

Dimanche, navigation plus apaisée le long du Monténégro puis de l’Albanie, et 1ère escale grecque, l’île de Corfou, antique Kerkyra, tout en longueur, poste avancé sur l’Adriatique. La ville est dominée par une forteresse à 2 sommets, construite par les vénitiens. D’abord colonie grecque, elle devient spartiate, athénienne, romaine et enfin britannique. Un petit tour à Kanoni, et nous sommes «lâchés» dans les rues commerçantes de Corfou.

Le lendemain, dès potron-minet, nous abordons, sous un ciel clair, l’entrée du canal de Corinthe, tranchée longue de 6 343 m et large de 23 m réalisée au 19e siècle, dans lequel l’Adriana se faufilera sous les yeux émerveillés des 500 passagers.


le canal de Corinthe (photo voyages A3)

Un tour de ville d’Athènes nous entraîne le long du Pirée, du grandiose stade olympique au palais aux 100 colonnes de Zeus (construit par les romains), en passant par la relève de la garde avec jupette et lourds godillots à pompon. Le clou est la visite du Parthénon, sous un soleil radieux, malheureusement sans incursion dans le musée renommé, pourtant à proximité, mais petit lâcher dans le quartier pour touriste de la Placa.

En raison de «mouvements sociaux» à Roissy, il est question d’atterrir à Charleroi. Tout s’arrangera, et notre départ retardé autorisera même une excursion surprise au cap Sounion, site superbe, dominé par les ruines monumentales d’un temple dédié à Poséidon, 5 siècles avant notre ère.

Francine Casse et Agnès Jacquesy

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