Après 14 heures de vol depuis Amsterdam, notre
groupe de 25 personnes arrive au Cap, sans décalage
horaire, en plein printemps, sous le tropique
du Capricorne.
La ville est dominée par les 1087 mètres d’altitude
de la «montagne de la table», énorme masse de
schiste, de granit et de grès, au sommet aplati.
Nous ne ferons qu’apercevoir les célèbres townships
trop dangereuses pour être visitées par les
touristes. Nous sommes étonnés par le modernisme
environnant ; les infrastructures sont, en effet,
d’excellente qualité : de nombreux aéroports et
quatre grands ports en activité dont le premier est
Durban et le second Krysna. Le réseau routier est
bien entretenu.
Grâce à son climat, les terres sont fertiles : l’agriculture
qui procure canne à sucre, maïs et
vignobles, assure l’autosuffisance du pays qui, en
outre, est parmi les premiers producteurs de vin.
Les richesses minières (or, platine, diamants, uranium
…) représentent 70 % des exportations. La
médecine est d’un très bon niveau. Rappelonsnous
qu’en 1967 le docteur Christian Barnard
réussissait, au Cap, la première transplantation
d’un cœur humain.
L’Afrique du Sud est une république parlementaire
dirigée, depuis 1999, par Taabo M’Beki, successeur
de Nelson Mandela dotée de trois capitales : Le Cap
(législative), Prétoria (administrative), Bloemfontein
(judiciaire). La population de 41 millions d’habitants
se répartie sur 1.221.037 km2.
Issus d’une histoire conflictuelle, les Sud-Africains
manquent aujourd’hui d’une identité collective. Avec
les onze langues officielles reconnues depuis 1994 (9
bantoues, puis l’anglais et l’afrikaans), ils sont divisés
en quatre groupes en majorité protestante :
Ces quelques bases historiques et démographiques
établies, nécessaires à la compréhension de ce vaste
pays, nous pouvons maintenant le parcourir pour
en admirer les multiples facettes.
Nous sillonnerons la péninsule du Cap, descendrons
jusqu’au Cap de Bonne Espérance, longerons l’Océan
Indien, prendrons l’avion à Port-Elisabeth jusqu’à
Durban d’où, en direction du nord, nous traverserons
le Kwazulu-Natal pour nous rendre à Hluhluwe au
cœur du Zululand, puis au Swaziland et son célèbre
parc Kruger. Notre route panoramique serpentera
vers l’ouest à 1.200 mètres d’altitude à travers les
sapins, longera le Drakensberg vers Blyde River
Canyon et ses magnifiques formations rocheuses «les
Rondavels» et nous arrêtera à Pretoria ; nous y prendrons
un nouvel avion pour la Zambie, dernière étape
de notre merveilleux périple.
Durant tout notre circuit, nous dégusterons des
vins au nom français récoltés sur place, notamment
à Stellenbosch, cœur de la régions des
vignobles : pinot noir, cabernet, sauvignon, chardonnet,
riesling … Ses maisons blanches aux toits
de chaume, de style hollandais, nous séduisent.
Son artère principale est ombragée d’immenses
chênes centenaires. Son université fut l’un des premiers
établissements supérieurs à diffuser son
enseignement en langue afrikaans.
A quelques kilomètres de là, nous nous rendons à
Franschhoek, le «coin des Français» qui doit sa
réputation à l’implantation massive des huguenots,
en 1688. Un musée retrace l’histoire, dans
notre langue, de cette communauté.
Dans le jardin, nous sommes entourés de fleurs aux
longues tiges duveteuses, aux pétales pulpeux,
rouges, roses, blancs, autour d’un gros cœur doré :
ce sont les Protéas, devenues emblème national.
Elles font partie de la famille des Fynbos. Nous
constatons au fil des jours que l’Afrique du Sud est
un vaste jardin protégé avec passion par les botanistes
du monde entier : ils demandent que cette
flore soit reconnue «réserve de la biosphère».
La région semi-désertique du Petit Karoo, irriguée
de nombreuses rivières, favorise les plantations de
luzerne, blé et maïs. Un ensoleillement généreux
et des pluies abondantes facilitent la culture des
fruits tropicaux et de la canne à sucre dans la
région de Durban.
Le Swazilandd abrite une végétation abondante :
c’est la pleine saison en ce moment des lauriers
roses, des merveilleux jacarandas couverts de fleurs
bleues. La récolte des bananes domine ici.
Sur la route en direction de Pretoria, la savane
déploie ses étendues de terres désolées où quelques
baobabs tendent vers le ciel leurs branches noires
et calcinées.
Les zones en altitude, notamment dans le
Drakensberg, présentent une végétation afromontagnarde,
caractérisée par de vastes prairies où
se sont adaptées des variétés de bruyères, d’immortelles
multicolores qui éblouissent nos regards.
Chemin faisant à travers toutes ces régions, nous
avons rendu visite dans la province du Cap à nos
sympathiques amis, les manchots, désemparés par
la perte de leurs nids qu’une récente tempête a
dévastés, admiré d’innombrables otaries qui se
prélassent, luisantes statues de bronze sur leur île,
observé des baleines dont de jeunes mères viennent
à 10 mètres de la plage avec leur bébé. Dans
le Petit Karoo, nous avons chevauché des
autruches dont nous avons dégusté la viande succulente
et les œufs énormes.
A partir d’Hluhluwe commencent nos safaris
(nous en ferons trois en car, trois en 4x4 ouverts à
tous vents).
Nous observerons de près ou de loin des éléphants,
des troupeaux de gnous noirs à l’allure préhistorique,
des impalas (antilopes rousses) tellement
nombreux que nous nous en lasserons, des rhinocéros
(noirs ou blancs selon que leur bouche est longue
ou large), des buffles réputés dangereux, des crocodiles
dormant dans un cours d’eau sous la terrasse où
nous déjeunons, des zèbres tricolores, des oiseaux
(de grands calaos noirs, des rapaces, de jolis merles
métalliques effrontés, des pintades huppées, des
marabouts noirs et blancs immobiles…), des hippopotames,
des girafes longues et prétentieuses ; un
léopard se dissimule dans les herbes au pied d’un
arbre, un autre se repose à califourchon sur une
branche, pattes et queue pendantes. Et partout, défilant,
jouant ou se battant des singes, des grands et
des petits. Le soir à la nuit tombante, le clou de
notre voyage, juste devant le capot de notre 4x4, un
couple de lions : le mâle dort, repu du gnou apporté
par sa femelle dont c’est maintenant le tour, sans
s’occuper de nous, de dévorer à pleines dents les
lambeaux de chair de sa victime.
Enfin, dernière étape de notre voyage : la Zambie
(ancienne Rhodésie) où nous nous reposerons
pendant deux jours avant de regagner Paris. Une
déception : les célèbres chutes que nous devions
admirer se réduisent, en fait, à cause de la sécheresse,
à de maigres torrents. Mais le voyage fut si
varié, si heureux, que nous en plaisantons...
Monique Berroyer
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